Pendant des années, tout allait bien. Puis, la Chambre Régionale des Comptes est arrivée… Les magistrats financiers ont contrôlé les comptes du Centre Communal d’Action Sociale de Grasse (CCAS) dont le maire,M. Viaud, est aussi le Président.
Le rapport d’observation (38 pages) a été publié le 30 juin 2026 avec la réponse du maire de Grasse.
M. Viaud a soudainement découvert que le CCAS a besoin d'une nouvelle Analyse des Besoins Sociaux, d'un meilleur pilotage, d'une comptabilité plus rigoureuse, d'une réforme du Service des Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD) et d'outils de gestion plus performants.
Autrement dit, il annonce aujourd'hui exactement ce que la Chambre lui reproche de ne pas avoir fait hier.
Le constat des magistrats financiers est pourtant limpide.
Ils relèvent que « l'analyse des besoins sociaux n'a pas été actualisée depuis 2020 » et qu'elle ne comporte pas de véritable plan d'actions, alors même que Grasse connaît des difficultés sociales importantes.
La Chambre rappelle également que les Quartiers prioritaires de la ville (Grand-Centre et Blaquière) concentrent des situations de pauvreté, de chômage et de fragilité sociale qui auraient dû conduire à une politique sociale beaucoup plus structurée.
En résumé, la politique sociale grassoise navigue sans boussole... mais avec beaucoup de communication.
La CRC poursuit. Elle relève que « les données issues des comptes administratifs présentent des incohérences », que « cette absence de données chiffrées fiables nuit au pilotage des ressources humaines » et appelle « des mesures correctrices ».
Pour le SSIAD, le jugement est encore plus sévère. La Chambre écrit noir sur blanc que « le CCAS ne dispose donc actuellement d'aucun outil fiable pour piloter ses ressources en fonction de l'activité réelle du SSIAD ».
Plus étonnant encore, la Chambre s'interroge sur la prime de fin d'année versée aux agents, en constatant que « le fondement juridique de cette prime n'apparaît pas établi ».
Et que répond M. Viaud ?
Il ne conteste pratiquement aucune de ces observations. Au contraire.
Il promet une nouvelle Analyse des Besoins Sociaux. Il promet d'améliorer le pilotage.
Il promet de moderniser les outils de gestion. Il promet de corriger les anomalies comptables.
Il promet de renforcer le suivi du SSIAD…
En politique, il est parfois difficile de reconnaître ses erreurs.
Mais lorsqu'un rapport officiel conduit un maire à annoncer toutes les réformes que ce même rapport lui reproche de ne pas avoir engagées, c'est qu'il valide, de fait, le diagnostic.
Le véritable enseignement de cette affaire est là.
La Chambre Régionale des Comptes ne reproche pas au CCAS un manque d'engagement de ses agents. Elle met sévèrement en cause une gestion qui a laissé s'installer des retards, un défaut de stratégie et une absence de pilotage.
Les Grassois méritent mieux qu'une politique sociale qui découvre ses faiblesses lorsque les magistrats financiers viennent en dresser l'inventaire.
Cette fois encore, ce n'est pas « Grasse à Tous » qui le dit, c'est la Chambre Régionale des Comptes !
Grasse, le 15 juillet 2026
Paul Euzière, Yamina Ghalouni, Frédéric Ferrare
Conseillers municipaux « Grasse à Tous »

Surtout lorsque l’on sait que des cadres de.la mairie
perçoivent un salaire pour soi-disant contrôler
On se demande ce qu’ils contrôlent ?