Réuni le 5 mars 2026 à Grasse, sous la présidence de Jérôme Viaud, le dernier conseil communautaire de la Communauté d’Agglomération du Pays de Grasse de la mandature 2020-2026 a offert, derrière l’apparente routine institutionnelle, un moment de vérité politique en particulier au cours du débat d’Orientations Budgétaires préparatoire au vote du budget qui sera présenté le jeudi 16 avril aux nouveaux élus issus des scrutins municipaux des 15 et 22 mars.
Le débat d’orientations budgétaires a fait ressortir une contradiction profonde.
D’un côté, un exécutif qui prône la rigueur, invoquant contraintes nationales et nécessité de contenir la dépense. De l’autre, un projet affiché comme « structurant » : le BHNS, -Bus à Haut Niveau de Service Grasse-Mouans-Sartoux dont les contours financiers restent incertains.
C’est sur cette ligne de fracture qu’au nom du groupe « Grasse à Tous » Paul Euzière a centré son intervention.
Une intervention qui a souligné en introduction la « fragilité » financière de la CAPG avec une épargne nette qui diminue de 22% en un an. C’est-à-dire une forte diminution de la capacité à financer les investissements de l’Agglomération sur ses propres ressources et un endettement en progression de 13%.
SIX QUESTIONS SANS RÉPONSES SUR LE BHNS
Sur le BHNS, le diagnostic a été rigoureux : coût global évasif, foncier non chiffré, plan de financement incomplet. Et surtout, un risque majeur : celui d’un quasi-doublement de l’endettement de la CAPG. Une alerte lourde, posée sans détour.
Face à cela, la réponse de l’exécutif a été marquée à la fois par une certaine prudence et un flou manifeste.
Jérôme Viaud a rappelé d’abord un endettement actuel « maîtrisé », puis il a reconnu que l’Agglomération ne pourrait absorber une telle hausse « en quelques exercices ».
La solution avancée : étaler le projet dans le temps, rechercher des financements, avancer progressivement. Mais dans le même temps, il a admis ne pas disposer d’une estimation du coût foncier et ne pas avoir de réponses sur plusieurs demandes de subventions (Agence de l’Eau, Région, FEDER).
Ainsi, à des questions structurées et précises a répondu une stratégie d’attente et un flou risqué. Non une contestation du risque, mais son déplacement dans le temps…
Derrière la technique budgétaire, une interrogation demeure : peut-on engager un projet de cette ampleur sans en maîtriser pleinement l’équilibre financier ?
Lire l’intervention de Paul Euzière
