Le conseil municipal de Grasse s’est réuni mardi 3 mars pour la dernière séance de la mandature 2020-2026. À l’ordre du jour : le Rapport annuel de développement durable 2025, le Rapport d’Orientation Budgétaire 2026, fiscalité et subventions.
Le président du groupe des élus « Grasse à Tous-Ensemble et Autrement », Paul Euzière, a pointé le manque d’ambition stratégique du bilan écologique de la Ville et un désendettement relatif du budget principal, alors que l’endettement des budgets annexes (notamment Régie municipale des Parkings et Crématorium), augmente.
LE RAPPORT 2025 SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE :
UN INVENTAIRE À LA PRÉVERT SANS ÉVALUATION
La séance, présidée par le maire Jérôme Viaud, s’est ouverte par la présentation du Rapport annuel de Développement Durable 2025 [Délibération 2026-01]. Si l’adjointe Anne-Marie Duval s’est félicitée d’un document « riche et transversal », Paul Euzière a livré une analyse beaucoup plus réservée. «Ce rapport est une carte postale, un inventaire à la Prévert », a-t-il lancé, tout en saluant au passage le travail des agents, mais en déplorant l’absence de diagnostic lucide. « On nous parle de l’accueil de nuit, de la lutte contre les mégots, mais rien sur la trajectoire carbone de la ville, ni sur les objectifs de réduction des émissions de CO2 à 2030.
Et la pauvreté ? 15 % de Grassois, soit un habitant sur sept. Où sont les indicateurs de progrès ? » Paul Euzière a proposé pour l’an prochain, un rapport « sans complaisance », avec des priorités claires et une évaluation des impacts.
Lire l’intervention de Paul Euzière
PAUL EUZIÈRE : « NOUS VOULONS UN BUDGET QUI REGARDE L’AVENIR EN FACE… »
Sur le Débat d’Orientations Budgétaires [Délibération 2026-08], Paul Euzière a contesté la vision d’un désendettement réussi brandie par le maire. « La dette nette du budget principal n’a baissé que de 18 millions d’euros depuis 2014, et l’investissement par habitant reste très inférieur à celui des villes comparables. Surtout, on annonce une chute de 50 % des dépenses d’investissement entre 2026 et 2027 – une année électorale, puis l’austérité », a-t-il dénoncé. Il a également proposé de majorer à 60 % la taxe sur les résidences secondaires (contre 20 % actuellement) pour financer un « plan Marshall de la transition écologique et sociale », et de stopper la baisse des effectifs municipaux dans les services à la personne.
Au cours du débat, Paul Euzière a souligné la diminution des crédits destinés à l'investissement et le délabrement qui en est souvent la conséquence pour les bâtiments et équipements municipaux: ... "je voudrais quand même partager un petit calcul que j’ai fait à partir des chiffres du ministère des Finances. En 2014, à Grasse, on consacrait 236 euros par habitant à l’investissement pour les équipements, contre 335 euros dans les villes de même strate. Cela représentait déjà un écart de 42 % : nous étions donc 42 % en dessous des villes comparables. En 2024, les dépenses d’équipement par habitant sont de 283 euros, alors qu’elles atteignent 438 euros dans les villes de même strate. Cette fois, l’écart est encore plus important. Autrement dit, nous sommes dans une situation où notre ville se déséquipe progressivement.
Les investissements par habitant restent non seulement insuffisants par rapport aux villes de même taille, mais l’écart s’est même aggravé depuis 2014. Voilà. Ce sont des chiffres issus des données du ministère des Finances, et ils sont difficilement contestables".
« Nous voulons un budget qui regarde l'avenir en face, qui prépare Grasse aux défis climatiques et qui ne laisse personne sur le bord du chemin » a conclu le président de « Grasse à Tous » en faisant trois propositions pour le budget 2026 qui sera voté fin avril.
Jérôme Viaud a défendu sa gestion, soulignant la maîtrise de la masse salariale, la sortie du réseau d’alerte des finances publiques et le choix assumé de ne pas augmenter les taux d’imposition communaux.
Lire l’intervention de Paul Euzière
Les délibérations suivantes (subventions à la rénovation des façades, dons, renouvellement de l’agence postale de Magagnosc, etc.) ont toutes été adoptées à l’unanimité.
En fin de séance, Jérôme Viaud a remercié l’ensemble des élus sortants et salué leur « engagement républicain ».
