Premier conseil municipal de la nouvelle mandature à Grasse, le 28 avril.
La majorité conduite par Jérôme Viaud a voulu présenter l’image d’une ville à la gestion maîtrisée et sereine.
Face à cette communication bien lisse, les élus du groupe « Grasse à Tous » : Paul Euzière, Yamina Ghalouni et Frédéric Ferrare ont opposé, à partir des propres chiffres de la municipalité, une lecture critique des finances municipales et des choix politiques de la majorité.
FINANCES : UNE SITUATION FRAGILE ET BEAUCOUP D’INTERROGATIONS
L’intervention de Paul Euzière sur le Compte Financier Unique 2025 [ Délib. 2026-35 ] et le Budget Primitif 2026 [Délib. 2026-88] a mis en avant la fragilité financière de la commune.
Derrière l’affichage d’un désendettement de façade ramené à 75 millions d’€, la majorité tentet de transformer une situation fragile en récit de réussite.
Pourtant, plusieurs indicateurs témoignent d’une dégradation structurelle : une capacité de désendettement dépassant les dix ans, une épargne nette quasiment nulle -autour de 56 000 €- et des dépenses de fonctionnement qui, ajoutées au remboursement de la dette, dépassent les recettes réelles de la ville.
Les chiffres le prouvent, Grasse n’a quasiment plus de marge financière propre pour investir sans recourir à l’emprunt.
Le faible taux de réalisation des investissements, estimé à 60 % contre 80 à 90 % dans des communes comparables, a également été dénoncé.
Pour Paul Euzière, cet écart entre les projets votés et les réalisations concrètes pose la question de la sincérité budgétaire des projets annoncés.
Autre point critique : le casino de Grasse.
Présenté par J. Viaud comme un succès de relance, il n’a généré que 781 718 € de recettes réelles : 1/3 du Budget prévisionnel fourni au Tribunal de Commerce et aux élus, très loin des prévisions initiales avancées par le repreneur belge « Infiniti ». Un gouffre entre la promesse et le résultat…
Le président du groupe « Grasse à Tous » estime que cet écart interroge sérieusement la crédibilité des projections financières validées par la municipalité qui ne se pose aucune question.
Sur le plan écologique enfin, les élus de « Grasse à Tous » considèrent que la part des investissements réellement consacrée à la transition climatique reste marginale.
Lire l’intervention de Paul Euzière sur le Compte Financier Unique 2025
Lire l’intervention de Paul Euzière sur le Budget Primitif 2026
LES INDEMNITES DE LA MUNICIPALITE AU MAXIMUM
Frédéric Ferrare s’est pour sa part attaqué à la hausse des indemnités des élus majoritaires
[ Délib. 2026-75 ] . Alors que la municipalité impose des restrictions à ses agents municipaux, la majorité choisit de cumuler les majorations autorisées pour les élus d’une commune touristique et chef-lieu d’arrondissement.
Le maire percevra ainsi près de 4 740 € mensuels et chaque adjoint plus de 1 200 €.
Le contraste devient saisissant entre les discours de rigueur adressés aux Grassois et la générosité que la municipalité s’accorde à lui-même.
Les élus « Grasse à Tous » dénoncent un « deux poids, deux mesures » et estime que l’exemplarité devrait commencer par l’exécutif municipal lui-même.
Lire l’intervention de Frédéric Ferrare sur les majorations d’indemnités
Yamina Ghalouni a exposé les difficultés financières réelles qu'entraine pour une salariée l'exercice de son mandat d'élue. Seule réponse de J. Viaud : "Votre intervention sera portée au procès verbal de cette réunion"...
Lire l’intervention de Yamina Ghalouni
LA BLAQUIÈRE : 32 JOURS SANS INTERNET !
Dans une question écrite Yamina Ghalouni a alerté sur la situation à La Blaquière, privée de fibre optique depuis plus d’un mois. Elle a dénoncé l’isolement des habitants, notamment des étudiants, télétravailleurs et personnes âgées.
La réponse de J. Viaud, tardive et déconnectée, a renforcé les critiques d’une opposition qui accuse la municipalité d’ignorer certains quartiers jusqu’à ce qu’une pression publique se fasse entendre.
Lire la question écrite de Yamina Ghalouni sur l’urgence de rétablir internet à la Blaquière
Ce conseil municipal aura finalement illustré le fossé grandissant entre la ville réelle et la ville racontée par J. Viaud. Une majorité qui célèbre sa gestion pendant que les marges financières s’épuisent, que les projets s’enlisent et que les Grassois voient chaque jour davantage les limites d’un modèle fondé avant tout sur l’apparence et une communication municipale sans limites.

