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 Françoise Brousteau: Maire de Peymeinade à J.P. Leleux: "Commençons par parler des questions primordiales!"

Note : 3.7/5 (18 notes)

 


 

Le 25 janvier, le maire de La Roquette sur Siagne, A. Roatta, et son premier adjoint, envoyaient un courrier à tous les maires de la Communauté d'Agglomération Pôle Azur Provence ainsi que des Communauté de Communes Terres de Siagne et Monts d'Azur à propos du projet de future intercommunalité du Pays de Grasse.
On peut notamment y lire: "Nous sommes lassés et honteux de notre immobilisme: incapacité à résoudre le problème des déchets depuis 20 ans, incapacité à se mettre d'accord sur un périmètre. Nous comprenons les reproches de nos administrés qui ne peuvent plus comprendre cette situation qui, de plus coûte cher au contribuable"...

Venant d'élus -et d'un maire vice président de la Communauté d'Agglomération présidée par M. Leleux qui, de plus, est président de la commission économique dela CAPAP et, à ce titre là, a en charge la gabégie financière provoquée par le dossier Symrise-Aroma-Grasse- on peut mesurer la sévérité de la critique.
Même si M. Leleux persévère à tenter de faire croire que tout va bien au plan financier, un des vice-présidents de la CAPAP, juge, lui, que "la situation coûte de plus en plus cher"...

Extérieure à la CAPAP, mais maire de la plus importante commune de Terres de Siagne, Peymeinade, Françoise Brousteau a été convoquée à une nouvelle réunion des maires, le  1° février à Séranon.
Elle a écrit, à son tour, le 29 janvier, un courrier éloquent à J.P. Leleux qu'elle a transmis à tous les maires concernés.

On en trouvera copie ci-dessous:

Monsieur le Sénateur,

Le Conseil des Maires du 19 janvier dernier m’a laissé un sentiment d’amertume et de frustration.

Amertume d’abord, parce que l’enchaînement des évènements actuels ne correspond pas à ma conception de la démocratie.

Nous ne pouvons pas accepter les conditions dans lesquelles les propositions du Préfet en matière d’intercommunalité ont été balayées en CDCI par un amendement produit en séance même, sans concertation ni même information des principaux intéressés.

Nous ne pouvons pas non plus accepter le rythme accéléré des réunions de techniciens et d’élus, visant à faire entériner le nouveau schéma. Les conditions ne sont pas réunies pour permettre un examen serein et exhaustif de toutes les incidences de la fusion que vous appelez de vos vœux.

Mon sentiment de frustration vient du déroulement du Conseil des Maires.
Les documents de travail nous ont été fournis si tardivement qu’il nous a été impossible de les étudier, alors même que nous avons constaté en séance qu’ils comportaient des erreurs.

La tension perceptible au cours des échanges, le refus de dialogue, voire d’écoute de certains élus, démontrent combien les plaies sont encore à vif et combien il sera difficile de faire travailler efficacement des personnes qui ne le souhaitent pas.
L’union que l’on veut nous imposer risque fort d’aboutir à un échec, préjudiciable pour l’avenir.

Ce n’est pas ce que nous souhaitons.

Je comprends votre attachement à votre Ville de Grasse et votre souhait de la voir rayonner davantage. Je suis convaincue de la sincérité de votre volonté de bâtir un ˝Pays de Grasse˝, même si la réalité montre que ce Pays de Grasse est tronqué depuis la naissance de la CASA et qu’il est amputé des communes historiquement et économiquement plus proches de la Cité des Parfums que certains des villages et des villes du moyen et du haut pays.

Depuis des années, vous tentez, à toutes les occasions de persuader les élus et les populations des Terres de Siagne de vous rejoindre.
Mais la persuasion, comme chacun le sait, joue essentiellement sur l’affectif et vise à entrainer une adhésion émotionnelle, non rationnelle.
Vous nous vantez les attraits d’une union avec Grasse, dans laquelle nous aurions tous à gagner. Vous souhaitez nous faire accepter un postulat, alors que nous avons besoin d’être convaincus par des arguments factuels, irréfutables.

Pour cela, il faut du temps.
La réunion du 19 janvier a démontré que nous ne sommes pas mûrs pour une fusion immédiate, qui nous plonge dans l’inconnu.

Avant de parler de compétences, de finances, de représentativité, commençons par nous réunir pour débattre ensemble, sereinement, de questions primordiales :

Pourquoi nous réunir ?
Que voulons-nous faire ensemble ?
Quels seront les axes fédérateurs ?
Que souhaitons-nous partager ou non ?
Qu’avons-nous à gagner ou à perdre, les uns et les autres ?
Comment répondre aux aspirations de la population ?

Ce n’est que si nous parvenons à un accord unanime sur les bases d’un projet commun que nous pourrons aborder dans un deuxième temps les questions techniques énoncées plus haut.

Il est évident qu’une telle réflexion ne peut être menée dans la précipitation.
C’est la raison pour laquelle j’en appelle à votre sagesse, à votre volonté d’obtenir le consensus et je vous demande de ne pas nous entraîner à marche forcée vers une fusion source d’interrogations, d’inquiétudes, voire de rejet.
Un projet construit ensemble, autour des préoccupations de tous, sera le gage du succès de notre territoire.

Donner du temps au dialogue permettra d’apaiser les esprits, de mettre un terme aux conflits et de mener une réflexion sereine et approfondie, sans pression aucune, pour nous permettre de nous déterminer en toute connaissance de cause.

Sachez que nous n’avons pas d’a priori, que nous ne faisons preuve d’aucun rejet vis-à-vis de la Ville de Grasse ni de la CAPAP.
Nous souhaitons simplement rester maîtres de notre destin, sans nous voir imposer, dans la précipitation,
un mariage forcé, que la loi interdit.

Je vous d’agréer, Monsieur le Sénateur, mes meilleures salutations.

Le Maire,
Françoise BROUSTEAU


Copie à tous les maires de la CAPAP, de la CCTS et de la CCMA.

 

 

 


Commentaires

Ancien Maire-Adjoint de SAINT VALLIER DE THIEY ,Conseiller Municipal de 1989 à nos jours,je suis un farouche opposant pour "ce mariage forcé" avec GRASSE!
Notre Maire opportuniste s'en remettra aà la delib du CM ,sachant que lui est pour aller rejoindre son ami LELEUX!!!!!!
Merci aux autres Communes de résister .
Michel SILVY.