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 Incinérateur. Mouans-Sartoux: unanimité pour la motion d'André Aschieri

Note : 3.6/5 (27 notes)

 




Lors du conseil municipal de Mouans-Sartoux, jeudi 13 janvier 2011, André Aschieri, maire de la commune et Vice-président du Conseil Régional PACA, a présenté la délibération suivante qui a été votée à l'unanimité (abstention de 2 élus d'opposition).

Ci-dessous le texte intégral de la délibération (qui a subi quelques coups de ciseaux et ajouts dans l'article du quotidien local en rendant compte...):

Le Syndicat mixte de coopération intercommunale pour la valorisation des déchets du secteur Cannes-Grasse  (SIVADES) réuni le 21 décembre 2010, a décidé à la majorité simple des votants :

-         d’adopter le principe de la construction d’un Centre de Valorisation Organique (CVO) sur un ensemble de parcelles d’une contenance de 45000 m2 localisé à Cannes. Sa superficie bâtie pourra atteindre 15000 m2 pouvant traiter 128 000 tonnes de déchets.

-         D’adopter le principe de construction d’un incinérateur (CVE) sur un terrain d’une contenance d’environ 8000 m2 localisé à Grasse, à proximité des quartiers sud de Grasse et proche de la limite de la commune de Mouans-Sartoux. Il pourra traiter 50000 tonnes de déchets.

Le coût estimé de ces opérations est de 116 Millions d’euros. Le coût de traitement est évalué à 148 euros la tonne.

D’ores et déjà, ces coûts exorbitants paraissent sous-évalués.

Dès le jeudi 21 octobre 2010, plus de 200 personnes se réunissaient à Grasse, à l’appel de diverses associations, pour signifier leur opposition à tout projet d’incinérateur et adoptaient le texte suivant : «  Nous citoyens du pays grassois, réunis ce jour à Saint-Jacques, demandons, en vertu du principe de précaution, de renoncer à l’implantation de tout type d’incinérateur, que ce soit sur le territoire de notre commune ou ailleurs. Les toxicités méconnues aujourd’hui, seront dénoncées demain : nous n’avons pas le droit de transmettre un tel héritage à nos enfants. L’aire du SIVADES avec son réseau de déchetteries et son centre de tri, une fois le centre de valorisation organique réalisé, disposera de tous les équipements nécessaires qui permettront de mener une politique très poussée de tri et de recyclage afin de rendre inutile toute incinération (…). »

Ce projet s’appuie sur le plan d’élimination des déchets ménagers et assimilés du département des Alpes-Maritimes révisé qui a fait l’objet d’un vote du Conseil Général le 20 décembre 2010. 
Ce plan, dont l’un des commissaires enquêteurs fustige les faiblesses en concluant son rapport : « Le plan reprend à son compte les Directives européennes, les lois issues du Grenelle de l’Environnement, mais il se retranche derrière les communes et les EPCI pour limiter son action à des recommandations ou incitations. Ce plan aurait pu être un organisateur pour l’aménagement du territoire départemental. Progressivement, les déchets autrefois vus uniquement sur le plan sanitaire, représentent maintenant un enjeu territorial et un enjeu industriel. Ce niveau intermédiaire qu’est le département, entre Etat et communes, assure mal par son plan , la cohésion départementale, l’optimisation des investissements financiers, le service rendu à la population. »

En outre, en réintroduisant l’incinération comme procédé d’élimination des déchets, ce plan constitue une régression par rapport au plan précédent qui avait exclu ce mode de traitement pour des motifs sanitaires et environnementaux. 

D’un point de vue technique comme d’un point de vue financier, le projet adopté par le  SIVADES est à tout le moins aventureux.

Adopté sans études réelles, dans l’opacité de réunions discrètes dont les membres de la commission technique du SIVADES ont été écartés jusqu’au jour du vote, sans concertation avec les populations concernées, ce projet paraît taillé sur mesure pour un grand groupe auquel seraient à la fois confiés la conception, la réalisation et la gestion des équipements. 

Dans de telles conditions, 

Considérant que l’urgence commande de réfléchir ensemble, dans l’intérêt de tous les acteurs et d’abord dans l’intérêt des populations à des solutions qui ne conduiraient pas aux impasses techniques et financières déjà connues dans le passé. Les élus, les populations, ont le droit de savoir et de comprendre avant d’accepter un projet.

Considérant que la délibération du SIVADES du 21 décembre 2010 est en contradiction avec le PEDMA des Alpes-Maritimes voté en 2004, et en cours de validité au moment du vote du SIVADES, puisque celui-ci proscrivait l’incinération.

Considérant que la délibération du SIVADES du 21 décembre 2010 est non conforme au nouveau PEDMA des Alpes-Maritimes, dont l’avis de publication est paru à la date du 3 janvier 2011 dans l’édition du jour des annonces légales du quotidien régional Nice-Matin, puisque celui impose une réduction de la production des déchets alors que le projet du SIVADES se fonde sur une augmentation des tonnages à traiter.

Considérant que la délibération du SIVADES du 21 décembre 2010 préconise une solution de traitement plus onéreuse pour les habitants que le système, pourtant insatisfaisant, d’exportation actuellement en vigueur.

Considérant que la délibération du SIVADES du 21 décembre 2010 n’apporte aucune réponse à la nécessité de création d’une Installation de stockage de déchets non dangereux (ISDN) pourtant indispensable à l’accueil de 15% des résidus de l’incinération.

Il est proposé au conseil municipal d’autoriser M. le Maire à entreprendre toute action afin :

-         de favoriser l’information, la réflexion et la concertation sur la réduction et l’élimination des déchets

-         de s’opposer à la réalisation du projet d’incinérateur du SIVADES, y compris sur le plan juridique

-         de permettre l’étude de solution alternative à l’incinération

-         d’inscrire au budget de la commune les dépenses nécessaires

 


Commentaires

Lien croisé

NON à l'incinérateur de Grasse - Actualités : " La motion dd'ANdré Aschieri : ICI. "

 

 

Lien croisé

NON à l'incinérateur de Grasse - Actualités - Toujours Mouans-Sart : "La motion dd'ANdré Aschieri : ICI."

 

 

Il y a dans les arguments anti incinérateurs d'Aschiéri (par ailleurs maire hors pair, tout le monde est d'accord) un aspect qui me dérange. Il prétend que d'évelopper un incinérateur  techniquement sophistiqué capable désormais de "digérer" des tonnes et des tonnes de déchets va favoriser la consommation tous azimuth, sauvage, polluante, anti tri sélectif etc...
Ce raisonnement simpliste et spécieux est du niveau du raisonnement de zeimour sur la relation immigré/délinquant !! C'est comme si développer des scanners pour dépister le cancer ça poussait les gens à fumer encore plus !! Comme si en développant  les " tout à l'égoû"t ça incitait les gens d'aller 5 fois aux toilettes dans la journée !!! Comme si en construisant  des "casse-auto" ou services de démolition ça invitait les gens à aller s'exploser contre les platanes !!! Comme si en construisant des logements sociaux ça poussait les gens à vouloir devenir pauvres !!!

Il y a un moment ou dédé...déconne vraiment  ;-))

 

 

Re:

Dédé est un amoureux de la nature et dans son esprit il y a des équations qui y portent atteinte. Par exemple investissement d'incinérateur = profit. Philosophie assez révélatrice des politiques de droite. C'est pourquoi il pense que l'incinérateur dégagera des ressources possibles  (politique des déchets) pour encore plus de profits et donc de la pollution supplémentaire. Dans le libéralisme tout est prétexte à faire des sous : l'air, l'eau, les déchets, les incinérateurs...
Je sais pas si vous avez vu le débat ce midi sur FR3. Il y avait un jeune d'écologie indépendante qui  reprochait à Dédé d'être un écolo de gauche, comme si l'écologie avait une étiquette politique. Dans le fond, la critique était justifiée, sauf que libéralisme et écologie c'est un couple paradoxal !
Pourtant, il faut s'attendre de la part de la droite à piquer des voix aux écolos dans l'avenir. A moins que des écolos partent eux-mêmes vers la droite... Au fait, c'est comment un écolo de droite ?

 

 

Re:

je ne pense pas que l'écologie est un parti politique ; bp de mécontents en politique votent écolo et tanguent soit à droite soit à gauche ; ils veulent ainsi démontrer qu'ils sont  une force et que ce sont eux qui décident ; ainsi ils sont dragués par les politiques (récupérés) ; imaginons qu'ils gagnent des élections....   sont-ils prêts à tenir les rênes du pouvoir ???

 

 

Re:

"Comparaison n'est pas raison" dit l'adage.
Comparer le positionnement d'André Aschiéri sur l'incinérateur avec la construction de logements sociaux ou de tout à l'égout ne tient pas.

Les incinérateurs sont en règle générale entre les mains de grands groupes industriels et financiers (par exemple Véolia) qui ont intérêt à ce qu'ils fonctionnent longtemps afin que le contribuable leur assure des profits durables.

Quand un incinérateur entre en fonction, il faut  assurer sa rentabilité et donc fournir un volume donné et constant de combustible. Sinon, c'est la TOEM qui augmente.
Donc, la seule perspective devient -pendant les 25 ans où les collectivités locales devront rembourser les emprunts- la non diminution des quantités à traiter.

De plus, à partir du moment où un incinérateur (ou le procédé de l'incinération) semble être LA solution, il n'y a plus de recherches alternatives, de volonté de réduction du volume des ordures ménagères à la source, de retraitement, etc...

On est loin ici des logements sociaux ou du tout à l'égout.

On peut penser ce que l'on veut de l'argumentaire d'André Aschiéri, mais il est cohérent et ne peut être évacué à coup de comparaisons amusantes et paradoxales mais qui sont à côté de la plaque.

 

 

Re:

Votre avis est plus affirmatif que réellement démonstratif (comparativement au mien ! )
De plus j'ajoute que le développement des incinérateurs (comme du scanner pour dépister le cancer) est de nature à développer des comportements plus responsables et citoyens ceci, contrairement au laisser-aller consistant à aller vider nos poubelles chez les autres, ou étendre des entrepos de déchets à ciel ouvert...) On s'habitue à l'hygiène, à d'autres pratiques plus saines et on se fait taper sur les doigts par son entourage si on ne les respecte pas. Le jour où on a inventé le balai, c'est pas pour ça qu'on s'est mis à vider les miettes et les cendriers sur la moquette ! C'est même tout le contraire...
Donc pourquoi pas ne faire faire l'hypothèse suivante : plus d'incinérateur = moins de déchet, plus de pratique de tri sélectif, plus de comportemenst responsables et citoyens (il faudrait un peu plus croire en  nos concitoyens, en leur capacité de progrès plutôt que de penser  qu'ils sont et seront toujours soumis au diktat impuissant des grands groupes commerciaux)

 

 

Re:

Il suffit de voir ce qu'il en est au niveau européen notamment en Grande Bretagne où Véolia a annoncé cet été qu'ils envisagent d'importer des ordures ménagères d'autres pays pour faire fonctionner dans les conditions requises leurs incinérateurs dans le comté du Hampshire.

Pour fonctionner et pour être rentables -c'est de cela qu'il s'agit quand on a affaire à  Véolia, à la Lyonnaise ou aux laboratoires Servier- les incinérateurs nécessitent un tonnage quotidien constant ou en augmentation mais surtout pas en diminution.

Ce qui est en contradiction absolue avec le Grenelle de l'Environnement, la santé publique et l'appel à la responsabilité citoyenne.

 

 

Re:

Je peux comprendre que vous choisissiez l'exemple de la Grande Bretagne car il va dans votre sens, mais on peut également suivre l'exemple de l'Allemagne, de l'Autriche ou de la Belgique qui sont de VRAIS exemples en matière de tri et qui incinèrent leurs déchets ultimes sans pour autant être en baisse de taux de recyclage... cela fonctionne très bien chez eux alors pourquoi ne pas suivre leur exemple plutôt que de s'appuyer sur le (mauvais) exemple de la GB?

 

 

Re:

Pourquoi l'exemple de la Grande Bretagne?
Parce que Véolia y sévit et que demain "on" (le SIVADES) choisira Véolia...

 

 

Re:

Mais que faisons-nous dans ce cas, un procès au futur incinérateur ou est-ce un procès à Véolia (enfin au SIVADES qui selon vous va sélectionner Véolia)?
Je m'excuse mais il est de plus en plus difficile de vous suivre. Est-ce le procédé de l'incinérateur qui est remis en question? alors que, je le répète, cela fonctionne on ne peut mieux dans les pays où le tri sélectif est réalisé au maximum. Ou est-ce Véolia qui est remis en question (avec son incinérateur anglais)?

De plus vous ne répondez qu'à moitié à ma question, pourquoi ne pas prendre l'exemple de l'Allemagne ou de la Suède chez qui l'incinération n'est pas en contradiction avec le recyclage?

 

 

Re:

L'incinérateur peut débloquer des attitudes citoyennes (et pourquoi pas politiques et anti libérales à  la Véolia ?). Prétendre que l'occasion créée le laron c'est avoir une attuitude frileuse et qui ne fait pas confiance au peuple et à la prise de conscience de sa condition s'asservissement (voyez ce qui s'est passé en Tunisie). Le pape est un peu comme ça quand il fustige la capote qui, selon lui, favorisera les pratiques sexuelles libres et donc (selon lui) le sida.