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 LE GOUFFRE (SANS FOND) DE LA "GRANDE MEDIATHEQUE" DE GRASSE

Près de 25 millions € à ce jour...

Note : 4.1/5 (9 notes)

 



Les élus "Grasse à Tous" au conseil municipal de Grasse ont combattu dès le départ l'idée d'une  "Grande Bibliothèque", puis "Centre Social", puis "Grande Médiathèque" - les dénominations n'ont cessé de varier - au Rouachier que M. Leleux et sa municipalité avaient lancé dès novembre 2008.

Aujourd'hui, il ne s'agit plus de dérapages des coûts générés par des mauvaises surprises qui se multiplient -toutes prévisibles et annoncées- mais d'un gouffre sans fond dont sont responsables aussi bien celui qui en a mené le projet  -M. Leleux- que son successeur -M. Viaud- qui avait le pouvoir d'arrêter le projet et qui l'a continué d'une façon aussi irresponsable qu'aveugle.

La facture est très très lourde: plus de 19 millions € auxquels s'ajoutent 5,7 millions € dus aux effondrements, déblaiements des gravats, installation de système de sécurité, confortement, etc.

Ces 5,7 millions € ont été avancés par la Ville (qui a voulu poursuivre le chantier contre vents et marées) et font l'objet d'un contentieux lourd devant la Justice, les entreprises contestant leur responsabilité dans les effondrements. 

Le rapport d'expertise  demandé par le Tribunal Administratif de Nice le 14 mars 2016 est contesté par ces entreprises.

La Ville de Grasse qui a demandé à la Justice le versement d'une somme provisionnelle de 5,7 millions a vu sa requête rejetée par le Juge des Référés et a été condamnée le 6 juin 2017.

Le Maire, M. Viaud a décidé de faire appel. Et, à nouveau, la Cour Administrative d'Appel de Marseille a rejeté les prétentions de la Ville qui a, une fois de plus, été déboutée le 10 janvier 2018...

Comme si ce n'était pas suffisant, M. Viaud a décidé d'aller en Conseil d'Etat.

Avec à peu près autant de "chances" de se voir donner raison.

Contrairement à ce qu'a écrit trés approximativement "Nice-Matin" le 23 mars, le montant cumulé des subventions n'est pas de 11 millions sur un total de 19 millions et l'Agence Nationale de rénovation Urbaine (ANRU) n'intervient pas dans le financement.

11 millions, c'était le "plafond" du projet initial validé par le Jury d'architecture et annoncé au Conseil Municipal par M. Leleux.

On est loin loin, trés loin de cette annonce.

Aujourd'hui, le coût a explosé.

Les avenants et les contentieux se multiplient.

A aucun moment, comme n'ont cessé de le souligner les élus "Grasse à Tous-Ensemble et Autrement", la question du coût du fonctionnement de cette Médiathèque (1,5 million par an) n'a été ni pensé et ni débattu.

Une situation aussi catastrophique que celle du funiculaire fantôme et aussi hasardeuse que celle de la ZAC Martelly.

De l'argent, la ville de Grasse en aurait suffisamment pour répondre aux besoins des Grassois. Mais depuis 1995, la plus grande partie des ressources communales a été dilapidée en projets pharaoniques.

La "Grande Médiathèque " au Rouachier de MM Leleux et Viaud en est un autre exemple.

Ce que nous n'avons cessé de dire (quelques petits extraits):

Conseil municipal de Grasse, 29 septembre 2011

Bernadette Bétheuil-Ramin
Conseillère municipale Grasse à Tous, Ancienne Première Adjointe

"Dans le cadre de la réunion du  jury, lors du concours d’architecte, j’ai posé une question, je la cite:« La géologie du sous-sol sur lequel devrait être construite la médiathèque est délicate:

- on ne pourra pas faire l’économie de son étude approfondie au Rouachier et ses environs, ne serait-ce que pour vérifier si l’eau issue de la source de la Foux coule toujours dans les canalisations.
- on devra placer des capteurs de mouvement du sol, moins sophistiqués que ceux du canal du Foulon, mais ayant un coût.
La dépense sera-t-elle prise en charge par l’architecte ou par la Ville de Grasse?

Il est très important de le savoir dès maintenant car je crains que cela entraîne un avenant coûteux pour la Ville.
On se souvient du coût des nombreux avenants lors de la construction du MIP. Je rappelle que les avenants ne sont pas pris en compte dans les attributions de subventions… »


Conseil municipal
25 septembre 2012

Paul Euzière
Conseiller municipal, Président du groupe « Grasse à Tous »

 « (…) Pour des raisons d’accessibilité, hydrogéologiques et d’environnement urbanistique, nous estimons que ce site [le choix du secteur du Rouachier pour la construction de la ˝Grande Bibliothèque˝] ne convient absolument pas et que persister à vouloir construire là, c’est se condamner dès le départ à un dépassement de l’enveloppe prévue et à une explosion du coût final »


Conseil municipal
28 mars 2013
Paul Euzière

« (…)Lors du conseil municipal du vendredi 28 novembre 2008, je disais ici même : ˝On a lancé cette idée de grande bibliothèque sans avoir la moindre idée de son impact sur les finances communales˝.
Nous avions, hélas, raison
.

Au fil des conseils, les ˝surprises˝ diverses et variées arrivent et se chiffrent. Elles étaient, pour la plupart, prévisibles. Ainsi, le coût prévisionnel de ˝la tranche ferme˝ du projet passe de 11 421 381 € à 11 748 242 €.

Soit 335 861 € de plus.

Pourquoi ?

Parce que nous avons un surcoût lié à la nature des sols : 390 000 € plus le rajout d’un ascenseur supplémentaire de 43 000 € (…)

Total : 335 861 € de plus qui étaient prévisibles, tout comme les 500 000 € de sondages archéologiques obligatoires, parce que le Rouachier est en plein Secteur Sauvegardé et, donc, soumis à plus de contraintes qu’ailleurs.

Tout cela, je le répète, était prévisible.
Nous le savions. Vous le saviez.

Tous les Grassois qui connaissent un peu leur ville le savent
.
Construire une nouvelle bibliothèque ?

Oui, si c’est indispensable.

Mais pas sur un site inadapté qui ne cessera d’engendrer des surcoûts.

On commence à la constater.
Vous vous obstinez ».

Conseil municipal, 20 février 2014
Paul Euzière

« (…) Cette délibération intègre également ”la grande bibliothèque Charles Nègre” dont les coûts sont en train d’exploser.

Certes, vous avez obtenu des rallonges de la part de la DRAC et du Conseil régional PACA, mais le montant total de ce projet, totalement inadapté dans ce quartier du Rouachier, avoisine, alors que les travaux n’ont pas commencés, les 17 millions d’ €.

Qu’une partie soit subventionnée ne change rien au fond. Le choix de cet emplacement en secteur réglementé par le PSMV pour cette ”grande bibliothèque” grève tous les jours un peu plus les finances publiques ».



Des immeubles voisins du chantier se fissurent. En attendant un autre effondrement ?


D'autres immeubles mitoyens des bâtiments effondrés tiennent grâce à un échafaudage de buzons qui empêchent provisoirement d'autres effondrements.