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 Licenciements chez Kerry (ex Cargill): Paul Euzière s'adresse à A. Montebourg

Note : 3.5/5 (57 notes)

 




Rachetée en décembre 2011 à Cargill (Etats-Unis) par le groupe agroalimentaire irlandais Kerry, l'usine de Grasse est menacée de licenciements massifs: avec les démissions, près de 50% des effectifs !
Un rude coup pour les salariés de l'entreprise, mais aussi pour l'économie locale et les ressources de la Communauté d'Agglomération Pôle Azur Provence.
Marcelle Monzéglio, Patrice Cattaert et Paul Euzière, conseillers municipaux  Grasse à Tous ont apporté le soutien de leur groupe aux salariés en grève mercredi 19 septembre.

Le président du groupe Grasse à Tous au conseil municipal de Grasse, Paul Euzière, a immédiatement saisi le Ministre du redressement industriel Arnaud Montebourg en lui demandant de tout mettre en oeuvre pour éviter tout licenciement.

Ci dessous, copie de la lettre adressée au ministre.


"Monsieur le Ministre,

Nous tenons par la présente à attirer toute votre attention sur la situation du site de Grasse (06) de la société Kerry Flavours France SAS qui, dans le cadre d’une « réorganisation » de ses services vient d’annoncer 77 licenciements sur 176 salariés, des modifications des contrats de travail pour 4 salariés qui seraient transférés à Villeneuve d’Ascq (59) et la création de 11 postes en Italie et Grande Bretagne.
Ces 77 licenciements s’ajouteraient aux 18 démissions sur des postes qui n’ont pas été pourvus.

Le groupe Kerry a racheté en décembre 2011  l’entreprise grassoise  à la Sté Cargill Flavours Systems (E.U.).
En septembre 2011, les représentants du futur repreneur Kerry déclaraient qu’il y aurait « de l’emploi pour tous ».
La lettre d’accompagnement annonçant même « un projet de croissance ».
Aujourd’hui, le groupe Kerry assure que « depuis 2009 – donc, bien avant l’achat de l’entreprise à Cargill FS- le site de Grasse a accumulé plus de 30 millions de pertes ».
En même temps, une des explications apportées par Kerry est que «  ces pertes prennent en compte les refacturations du groupe aux normes de la comptabilité française ».
Les pertes invoquées par Kerry semblent donc pour une grande part issues de changement de présentation comptable
.
Ces licenciements paraissent, d’abord, correspondre à des objectifs financiers.

Par ailleurs, Kerry envisage la création d’un « centre d’experts »  ailleurs en Europe.
Or, comme le souligne l’Intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CGC) des salariés de l’entreprise, le site grassois recèle des potentialités réelles (6 ha de terrains, 14 bâtiments avec possibilité d’extension, site aux normes environnementales et sécuritaires européennes), des capacités techniques et la compétence et l’expertise de ses salariés.
Il serait donc complètement anormal que Kerry licencie près d’un salarié sur deux et simultanément crée ailleurs un « centre d’expertise ».

L’industrie des arômes naturels et des parfums est,  dans le pays grassois, une partie essentielle de notre patrimoine local.
Elle est aussi une dimension de notre patrimoine national.
Après avoir assisté à la liquidation de trop d’entreprises grassoises, nous ne pouvons accepter qu’à nouveau, pour des jeux financiers, des groupes étrangers saccagent de patrimoine, un savoir-faire de haut niveau et la vie de dizaines de familles de nos concitoyens.

C’est pourquoi, nous nous permettons de vous solliciter afin quà tous les nivaux, tous les moyens légaux et administratifs soient mis en œuvre afin que le groupe Kerry revienne sur sa décision de licenciement de 77 salariés."