
51 délibérations au menu du Conseil municipal du 23 juin : Tout va bien. Les écoles vont être rénovées, la saison estivale sera « jamais aussi riche », Grasse rayonne et la Capitale mondiale du parfum retrouve ses « lettres de noblesse ».
Le discours d’ouverture de Jérôme Viaud ressemble à une brochure touristique : tout est beau, tout est dynamique, tout est volontariste.
Puis les élus « Grasse à Tous » prennent la parole. Là, le parfum change.
CONTRAT DE VILLE : LE RAPPORT ANNUEL SUR LA POLITIQUE DE LA VILLE NE FAIT AUCUNE ANALYSE
Yamina Ghalouni détaille le rapport et procède à une analyse très précise du rapport [Délib. 2026-152] concernant les quartiers prioritaires : « (…) Il apparaît néanmoins que la majorité des actions ont été menées au bénéfice du quartier prioritaire Grasse Grand Centre, principalement concentré dans le centre historique, créant ainsi le déséquilibre au détriment d'autres zones du même quartier prioritaire. C'est le cas par exemple à Saint-Claude, où aucune action adaptée aux besoins de ses habitants n'a été mise en place. Ce déséquilibre est particulièrement flagrant concernant le quartier prioritaire, les Fleurs de Grasse. Puisque le maire considère qu'il s'agit d'un quartier de relégation sociale, le quartier aurait dû faire l'objet d'un plan spécifique d'actions adaptées à l'urgence de la situation et aux besoins des familles qui y habitent encore. Pourtant, dans le rapport, c'est le néant. C'est comme si le quartier avait été rayé de la carte de la conscience collective par anticipation…. »
Avec Yamina Ghalouni, la « participation citoyenne » quitte les discours pour entrer dans le concret. J. Viaud explique qu’un conseil citoyen « unique » aurait été constitué avec l’accord des services de l’État. Yamina Ghalouni rappelle alors un détail plutôt dérangeant: elle faisait partie du conseil citoyen de la Blaquière et elle attend toujours son invitation…Drôle de démocratie participative : on conserve le conseil, on conserve les principes, on conserve même les représentants… mais on « oublie » parfois de les inviter.
Lire l’intervention de Yamina Ghalouni
Frédéric Ferrare met ensuite les pieds dans le plat juridique. Le principe prévu par les textes est celui de deux conseils citoyens (« Grand Centre « et « Blaquière-Fleurs de Grasse » ; la municipalité invoque une organisation validée par l’État. Frédéric Ferrare rappelle qu’une validation administrative n’interdit pas de vérifier le droit et demande que cette organisation soit juridiquement clarifiée.
DSP RESTAURATION COLLECTIVE ET CASINO « INFINITI » :
LE COMPTE N’Y EST PAS !
Les rapports annuels de deux des sociétés délégataires de services public (DSP) ont fait l’objet d’interventions détaillées de Frédéric Ferrare et Paul Euzière pour le groupe « Grasse à Tous ».[Délib. 2026-108]
Frédéric Ferrare rappelle que « L’an passé, le groupe « Grasse à Tous » dénonçait déjà l’écart entre les engagements du délégataire [la société Elior] et la réalité. A la lecture de ce nouveau rapport d’activité [2024-2025], le constat est sans appel. Les défaillances que nous pointions s’installent et de nouvelle dérives apparaissent »
Lire l’intervention de Frédéric Ferrare
Mais c’est avec la DSP du casino municipal « Infiniti » que les comptes commencent à jouer un numéro autrement plus acrobatique. Paul Euzière décortique les chiffres du premier exercice : 781 718 € de Produit Brut des Jeux, dont 77 % provenant des machines à sous ; des tables classiques déficitaires plusieurs mois, jusqu’à –34 000 € en mai ; 277 900 € de restauration pour 4 942 couverts. Et surtout, une masse salariale qu’il estime entre 900 000 et 1,5 million d’€, alors que les recettes disponibles sur neuf mois ne dépassent pas 875 000 €.
Le calcul de Paul Euzière est brutal mais transparent : avec des charges mensuelles estimées entre 140 000 et 150 000 € pour environ 97 000 € de recettes, le déficit structurel potentiel serait de 40 000 à 50 000 € par mois.
Il pose alors la question que les chiffres imposent : comment l’établissement fonctionne-t-il ?
La réponse du maire -Jérôme Viaud- est pour le moins instructive : il n’y aurait pas de recettes cachées et, à ce stade, l’exploitant compense bien le déficit d’exploitation avec ses fonds propres. Le casino est donc encore dans sa « phase d’amorçage ».
Paul Euzière demande alors simplement ce qu’un élu est en droit de demander : le compte de résultat complet, les éléments manquants, le respect des obligations contractuelles et la réunion de la commission de suivi de la DSP. Car entre le budget prévisionnel présenté lors de la reprise et les comptes constatés, l’écart est considérable.
Lire les interventions de Paul Euzière
Intervention 1
Intervention 2 (Focus recettes)
DÉCISION BUDGÉTAIRE MODIFICATIVE N°1 : OÙ SONT LES ASTREINTES DUES PAR LE CHÂTEAU DITER ?
A l’occasion du vote sur la Décision Budgétaire Modificative n°1, le président des élus « Grasse à Tous » Paul Euzière soulève la question de « la non-inscription des recettes et des astreintes dues par les propriétaires du Château-Diter pour non-application des décisions de Justice », les condamanant, les re-condamnant, le re-recondamnant tant au plan pénal qu’au plan de la justice administrative… »
Lire l’intervention de Paul Euzière
USINE DE MÂCHEFERS À LA SARRÉE, C’EST UNANIMEMENT NON !
Dernier sujet important abordé le projet de traitement des mâchefers avec l’installation d’une usine de traitement sur le site de la Sarrée, géologiquement très fragile, Paul Euzière rappelle les risques liés au sous-sol karstique, aux eaux souterraines, au trafic et aux nuisances.
Le maire de Grasse lui-même qualifie la situation d’« ubuesque » après la décision du Tribunal Administratif d’annuler l’arrêté du Préfet rejetant le projet, et donc l’autorisant.
Appel unanime donc à la mobilisation contre un projet qui menace directement la qualité et l’approvisionnement en eau du Pays grassois et au-delà.
Enfin, Frédéric Ferrare a posé une question écrité sur la pertinence pédagogique de l'utilisation du "Passeport du civisme" dans les écoles élémentaires grassoises, un dispositif dont on peut s'unquiéter de la neutralité quand on sait que l'un de ses co-financeurs est le milliardaire d'extrême-droite P. E. Stérin.
