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 Une lettre au Père Noël

Note : 3.7/5 (33 notes)

 



"Nice-Matin" a demandé aux candidats aux prochaines élections municipales d'écrire une lettre au Père Noël dans laquelle ils feraient part de leurs souhaits pour Grasse.

Ci-dessous, le texte envoyé par Paul Euzière.

On regrettera que la phrase comportant la citation de Pablo Neruda ait disparu sur la page du quotidien local.

 

Père Noël,

Je ne t’ai plus écrit depuis longtemps.

Je vais le faire  parce que dans quelques jours ce sera 2014, l’année du centenaire de la première Guerre mondiale, cette grande boucherie dans laquelle tant de jeunes Grassois ont laissé leur peau.

Que l’on restitue enfin à toute cette jeunesse sacrifiée son honneur!

Que l’on redonne à une voie de Grasse le nom de Jean Jaurès, ce visionnaire d’un monde fraternel assassiné au premier jour de cette guerre.

M. De Fontmichel s’y était engagé lorsqu’on a rebaptisé la Place aux herbes.
Depuis, nos demandes se sont heurtées à un silence honteux.

Une ville, pour avoir une âme doit faire vivre sa mémoire et son patrimoine qui sont le lien entre hier et aujourd’hui.

Mais avoir une âme suppose aussi  faire reculer les exclusions chaque jour plus nombreuses et agir pour que chacun ait sa place, pour une ville où il fait bon vivre tous ensemble.

Cette convivience que les Sud-Américains et les Indiens des Andes appellent « Buen Vivir », « Sumak kawsay » - le «Bien vivre »- par l’harmonie née de l’équilibre, du partage et de l’inclusion de tous, est possible chez nous aussi.
Dans ce domaine, la fatalité n’existe pas.
Seules la volonté et la détermination comptent.
On ne peut vivre vraiment qu’en ayant un « en-commun » avec les autres.

Alors Père Noël, redonne à tous les Grassois -d’origine ou d’adoption- confiance en eux et en leur ville qui est belle et pleine de potentialités.

Dis leur qu’il est possible de déverrouiller demain, un demain où chacun doit pouvoir avoir de nouveaux commencements.

Oui, nous le pouvons !

Sans doute, le pape François a-t-il raison d’appeler à lutter « contre cette idole qu'est l'argent, contre un système sans éthique, injuste, dans lequel l'argent commande tout».  
Car «pour préserver ce système idolâtre, on abandonne les plus faibles, les vieux, ceux qui n'ont nulle part où loger ».

Je crois qu’on peut lui associer, le Chilien Pablo Neruda, cet immense poète universel, qui a écrit : « Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autre titre que celui-ci, sans être obsédé par une règle, par un mot, par une étiquette ».

Alors, Père Noël, qui est si loin –toi  qui m’as dit  un jour « aide-toi le ciel t’aidera !»- donne-nous un coup de main pour que notre ville participe de ce monde humain et fraternel.


Paul Euzière.


Commentaires

AIDONS NOUS  , le CIEL AIDERA.....Le miracle est dans l'urne   peut être.......    JOYEUX NOEL......

 

 

Meilleurs vœux à toute cette formidable equipe

Merci pour ces vœux magnifiques qui nous donnent tellement envie de croire encore et toujours au père Noël.
Que cette année 2014 soit avec nous. Sophie

 

 

Une lettre au père Noel très ... eucuménique !
La citation de Néruda allait de soi (pour les communistes ? )
Une pincée d'amérique latine et d'indiens des Andes  (pour les afficionados du parti de gauche  ?)
L'évocation de Jaurès (pour les socialistes ?)
Plus original de citer le pape (pour les fidèles de Mme Béteuil ?). 
Il manquait de citer Louis XVI (mais il est vrai que le descendant de Fontmichel a choisi de ne pas rallier notre camp)
Un regrettable oubli pour l'allusion aux Verts ? A moins que c'est le père Noel lui-même qui rappelait la barbe opulente de Vinciguerra ...

Il est trop fort le poète !

Bon Noêl !

 

 

Re:

Merci de ce commentaire un tantinet caricatural.
Pablo Neruda était communiste. Mais quand on se rend en Amérique Latine ou quand on lit la liste des Prix    Nobel de Littérature, on s'aperçoit qu'il est universel et appartient à tous.

La Pachamama -"la Terre Mère" et le "Buen Vivir"
-n'appartiennent pas plus au Parti de gauche qu'à X ou Y. Ils participent d'une cosmogonie indienne et d'une approche de la vie et des équilibres auxquels nous ferions bien de réfléchir si nous voulons avoir un autre horizon anthropologique que le très suicidaire " consommer toujours plus".C'est ce que disent les présidents Rafael Correa d'Equateur et Evo Moralès de Bolivie depuis le début de ce siècle.

Quant au Pape François
, chef de l'Eglise Catholique -c'est à dire, elle aussi, "universelle"- sa dénonciation d'une civilisation fondée sur l'idolâtrie de l'argent ne peut que trouver des échos chez tous ceux , quelles que soient leurs croyances ou pas, qui veulent placer "l'Humain d'abord".

Enfin, Jaurès
, lui aussi appartient à tous, pas plus aux socialistes qu'aux communistes. Ses cendres sont au Panthéon: "Aux grands hommes, la Patrie, reconnaissante".

Je tiens à la disposition de ceux qui le souhaiteraient le nombre d'interventions que nous avons faites -en vain- avec Thierry Lautard, ensemble ou séparément, pour que M. Leleux redonne le nom de Jean Jaurès à une rue ou une place  de Grasse.
 Voilà Louis XVI n'a évidemment rien à voir avec ce texte.
Je laisse à chacun le soin de l'interpréter comme il l'entend et même de lui faire dire l'inverse de ce qu'il dit.
                                                                                                                                                             Paul Euzière.

 

 

 

J'ai bien aimé tes voeux, ton regard sur les priorités pour chacun de nous , pour chacune de nos collectivités  :de la ville , à l'association  de l'association à notre pays , de notre pays à notre terre.