Le Conseil communautaire de la CAPG du 2 juillet a notamment examiné plusieurs rapports annuels de Délégation de Service Public (DSP).
Ces documents, souvent présentés comme de simples formalités, sont pourtant l'un des rares moments où les élus peuvent exercer leur mission de contrôle sur des services essentiels : l'Eau, les Transports ou encore la Politique de la Ville.
C'est dans cet esprit que Paul Euzière et Yamina Ghalouni du groupe « Grasse à Tous » sont intervenus.
CRÉANCES IRRÉCOUVRABLES
Premier constat : la Communauté d'Agglomération est appelée à abandonner près de 129 000 € de créances devenues irrécouvrables [Délib. 2026-119 ]
La procédure est légale. Mais la question n'est pas là.
Comment ces impayés ont-ils pu s'accumuler pendant des années ? Pourquoi le conseil communautaire n'en est-il saisi que quinze mois après la demande du comptable public ?
Pourquoi les commissions de travail de la CAPG, notamment celle des finances, ne sont-elles toujours pas installées alors que le mandat est engagé ?
Une collectivité ne se juge pas seulement à ses investissements ; elle se juge aussi à sa capacité à préserver ses recettes.
Voir l’intervention de Paul Euzière
EAU-SUEZ (GRASSE) : LES PERTES D’EAU AUGMENTENT
Le rapport sur la DSP de gestion de l'Eau à Grasse [Délib. 2026-129] appelle les mêmes interrogations.
Les chiffres ne sont pas ceux de l'opposition : ce sont ceux de Suez.
Ils montrent une dégradation du rendement du réseau grassois, une augmentation des pertes d'eau et un rythme de renouvellement des canalisations qui reste insuffisant.
L'expérience du canal du Foulon qui entre 1988 et 2017 a été délégué à La Lyonnaise-Suez devrait pourtant servir de leçon.
Pendant des années, la dégradation progressive du réseau avait été minimisée jusqu'à rendre inévitables des investissements considérables.
Une Délégation de Service Public ne peut être évaluée sur la qualité de sa communication ; elle doit l'être sur ses résultats.
Voir l’intervention de Paul Euzière
TRANSPORTS « SILLAGES » - MOVENTIS PERTES DE 1,1 MILLION D’€
Même exigence concernant la DSP Moventis [Délib. 2026-129]. Le rapport financier fait apparaître une perte de 1,1 million d'€ en 2025, des capitaux propres désormais négatifs et plus de 9,4 millions d'€ inscrits au passif sans explication détaillée.
Ces éléments ne peuvent être ignorés. Ils justifient que la CAPG demande au délégataire un plan précis de redressement financier et des garanties sur la continuité du service public.
Le président de la Communauté d'Agglomération a d'ailleurs reconnu la nécessité d'un contrôle plus exigeant.
Voir l’intervention de Paul Euzière
POLITIQUE DE LA VILLE : UN CONSEIL CITOYEN OU DEUX ?
QUELLE REPRÉSENTATION POUR LES HABITANTS DES « FLEURS DE GRASSE »-LA BLAQUIÈRE ?
Yamina Ghalouni est intervenue sur le Rapport annuel de la Politique de la Ville [Délib. 2026-128]. Comme elle l’avait déjà fait le 23 juin en conseil municipal de Grasse, elle a souligné avec une grande précision les insuffisances du document présenté, dépourvu de véritable évaluation quantitative des actions conduites. Elle s'est interrogée sur le maintien d'un conseil citoyen unique pour les deux quartiers prioritaires de Grasse.
Là encore, il ne s'agit pas de contester pour contester, mais de disposer des éléments permettant aux élus d'exercer leur mission de contrôle.
Voir l’intervention de Yamina Ghalouni
Au fond, une même question traverse tous ces dossiers. Les élus sont-ils appelés à prendre acte de rapports déjà écrits ou à contrôler réellement l'action des délégataires ?
Pour « Grasse à Tous », la réponse est claire. La transparence n'est pas une formalité administrative. C'est la première condition d'une gestion rigoureuse et du respect de l'argent public et des citoyens.
A noter que « Nice-Matin » a, en tout et pour tout, consacré une petite colonne à ce conseil communautaire sans citer le moindre débat autour des questions soulevées.
