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 Nice Matin: le projet de SCOP des salariés retenu par le Tribunal de commerce

Une belle victoire

Note : 3/5 (42 notes)

 




Vendredi matin, 7 novembre, est tombée la décision du Tribunal de commerce de Nice, qui a retenu la candidature de la coopérative des salariés de Nice-Matin pour reprendre le groupe de presse régional de près de 1107  salariés et qui édite  Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin.

"En nous donnant son quitus, le tribunal a considéré que le projet était fiable et sérieux. C’est un peu un rêve qui se concrétise, même si nous ne sommes pas au bout de nos difficultés", a déclaré Vincent Lanier, Secrétaire national du Syndicat National des Journalistes, qui souhaite "faire de la coopérative une idée neuve".

Le projet des salariés sous la forme d'une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) était le plus acceptable au plan social, puisqu'avec la coopérative, le journal verra 159 départs volontaires (14,5 % des effectifs), contre 228 départs pour le projet de l'ex-propriétaire de "France-Soir" et "La Tribune", Georges Ghosn, et  376 ( le tiers des effectifs !) pour celle du proppriétaire du journal belge "Le Soir", Rossel qui s'était associé à l'entrepreneur BTP monégasque Marzocco et à l’homme d’affaires franco-libanais, Iskandar Safa.

Le Tribunal de Commerce de Nice a donc choisi de donner sa chance à ce projet d’un journal appartenant à ses salariés.
Les salariés sont les actionnaires majoritaires de la SCIC. La gestion sera confiée à l’ancien directeur de la rédaction de TF1, Robert Namias qui sera accompagné d'un Conseil de Surveillance de 13 membres.

Malgré de très nombreuses embuches qui ont été dressées sur leur projet, les salariés du journal ont réussi à développer un large soutien de la population et à  réunir 14,2 millions d’€, dont 8 millions sous forme de promesses de ventes d’actifs à  B. Tapie, intéressé par les 50 % de Corse-Matin  qu’il ne possédait pas encore et les locaux de quatre agences locales. S’y ajoutent 2,3 millions d’euros de participation des salariés (qui ont cédé leur 13e mois), un prêt de 2 millions du Conseil Régional PACA. Un million d’€  proviennent de partenaires privés et 460 000 € de dons des lecteurs.

Ci dessous, la déclaration de Paul Euzière, Président de l'association "Grasse à Tous".

"Le Tribunal de Commerce de Nice vient de valider le projet de SCOP porté par les salariés de "Nice Matin".

C'est une très grande victoire pour tous ceux qui se sont mobilisés pour la défense de l'emploi, de notre patrimoine départemental -dont Nice Matin fait partie-, d'un journal de proximité et d'une solution alternative sociale et originale. 

Face au "tout finance" et aux prédateurs immobiliers, aux liquidateurs et aux innombrables coups bas tous azimuts, les salariés et leurs représentants ont su porter un projet novateur et citoyen. 

Nous nous réjouissons totalement de la victoire de ce projet auquel nous avons cru dès le départ.

La route sera longue. 

Mais, aujourd'hui, ne sous-estimons pas ce moment.

Alors que certains s'emploient à cultiver la résignation, la belle victoire des salariés de Nice Matin pour ce projet de SCOP est un motif d'espoir citoyen et d'encouragement de portée nationale".

Grasse, le 7 novembre 2014.

 

 

 

 


Commentaires


Novembre.... mois des souvenirs :
"Nice Matin" en campagne

 

 

Nice -Matin, propriété de Hersant, servait la ligne politique de son propriétaire et de la direction générale qui était à sa botte (et qui a d'ailleurs démissioné).

Le projet des salariés n'a rien à voir avec cette conception du journal, comme nous l'avons souligné dans plusieurs articles de ce blog.
C'est pourquoi nous l'avons soutenu dès le départ.

Il faut savoir tourner la page pour avancer et dépasser les querelles du passé.

Aujourd'hui, le grand défi est de bâtir ensemble un journal de proximité, citoyen et populaire dans notre département.

Paul Euzière.